Moulin de Castelnau : la démolition du seuil d’origine
et sa reconstruction complète étaient elles nécessaires ????
Ce seuil (appelé aussi pensière) construit au 13° siècle pour fournir l’eau au moulin, est resté en parfait étatjusqu’à ce qu’une brèche de 4 à 5 mètres de large apparaisse sur son extrémité coté moulin il y a quelques années. Ceci a eu pour effet de faire baisser le niveau de l’eau en amont du seuil d’environ 60 cm en période d’étiage. Le colmatage de cette brèche, réalisé très solidement en 2016 avec de gros blocs de pierre noyés dans du béton, a rétabli le niveau d’eau amont antérieur. Il est à noter que cette baisse du niveau d’eau provoquée par la brèche, qui dura plusieurs années, n’avait pas perturbél’alimentation en eau de la ville de Pézenas (dont les captages se trouvent à proximité de la confluence Peyne-Hérault). Alors,pourquoiavoir décidé ces travauxgéants et fort coûteux(plus d’un million d’euros) de démolition complète suivis de la reconstruction de ce seuil ?
Certains avancent que ces travaux avaient pour objet d’améliorer l’alimentation en eau de Pézenas, alors que cette amélioration ne figure pas sur les deux panneaux d’information du public …. Cet argument appelle quelques précisions concernant les nappes phréatiquesconcernées par le pompage piscénois. Elles sont tirées du rapport final BRGM/RP- 54849-FR d’aout 2006 établi par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières après l’étude des acquifères du département de l’Hérault.
- L’Hérault :nappe alluviale récente 334B2 s’étirant sur 50 Km entre le Pont du Diable et l’embouchure.
- La Peyne :nappe alluviale récente 334E qui vient renforcer un peu celle de l’Hérault à l’endroit du pompage.
Leurs caractéristiques :
Pour celle de l’Hérault référencée 334B2 :
- épaisseur de la nappe : 15 m environ au niveau de Pézenas (puissance des alluvions).- profondeur de la surface de la nappe : 5 m environ en dessous du niveau du lit du fleuve.
-alimentation de la nappe : elle s’effectue essentiellement par les précipitationset par le fleuve en période de crue. Quant au seuil, il soutient (comme tous les autres seuils) la piézométrie de la nappe (c’est à dire le niveau de la surface de cette dernière) grâce aux connexions hydrauliques avec le fleuve.
Pour celle de la rivière Peyne référencée 334E :
- mêmes caractéristiques que celles du fleuve au droit du pompage, mais son apport est faible par rapport à la nappe 334B2.
On peut donc estimer que la masse d’eau surélevée artificiellement de 1,80 m (environ) par le seuil « coté amont » n’augmente que de 0,18 bars la pression de 2 bars exercée sur les connexions hydrauliques et sur la nappe alluviale par le dénivelé de 20 m entre le lit de gravier du fleuve et cette dernière. Ceci explique que l’alimentation de Pézenas n’a pas connu de difficulté durant les quelques années d’ouverture de la brèche.
Conclusion :la nécessité de la démolition de l’ancien seuil, déjà solidement réparé en 2016, et de son remplacement par une construction neuve de même hauteurn’est pas prouvée. Et la personne qui a décidé ces travaux serait bienvenue pour présenter les arguments techniques prouvant l’utilité de cette très coûteuse réalisation.
Post scriptum : les dégâts collatéraux causés aux trois bâtiments de l’ancien moulin sont la conséquence de la réfection du seuil .Un des trois bâtiments a été rasé et les deux autres (dits « usines ») ont perdu 2 mètres de hauteur. Ils devaient pourtant faire l’objet d’une « confortation » , c’est à dire d’une mise en sécurité par réparation ou renforcement …
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A Pézenas le 20/10/2018
Guy Delmas
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