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jeudi 11 octobre 2018

Résumé de la réunion publique d’information sur le moulin de Castelnau de Guers tenue le 3 octobre 2018 à 18h à la Maison du Peuple.



La réunion d’information publique débute à 18h20. Le président de l’ASPAHC  Noël Houlès souhaite la bienvenue au public et le remercie pour s’être déplacé en nombre. IL présente l’ASPAHC (association pour la sauvegarde du patrimoine archéologique et historique de Castelnau de Guers) qui a été créée en 1991. Il donne des informations sur les actions de l’ASPAHC : restauration de l’ermitage de saint-Antoine , recherches archéologiques, géologiques minéralogiques et paléontologiques, expositions, publications d’ouvrages.
Tout en remerciant la municipalité de Castelnau de Guers pour le prêt de la salle de réunion et l’aide apportée par l’adjoint Cédric Chauveau à la réalisation d’une affiche, le président de l’ASPAHC précise que cette réunion publique a été convoquée sans inviter des élus mais que s’il y en avait dans la salle ils pourraient s’exprimer.
Ensuite est diffusé un PowerPoint sur le moulin de Castelnau, suivi des rapports d’enquête publique et arrêtés préfectoraux de déclaration d’utilité publique.

La parole est ensuite donnée au public présent dans la salle.

Michel Boubis : il existe une commission d’accès aux documents administratifs qui s’appelle le CADA 

Claude Alranq : effectivement c’est une agression sur le terrain archéologique - le patrimoine pour nous c’est une valeur pas uniquement archéologique -  c’est une valeur existentielle ça fait partie de notre paysage affectif et en même temps en face, même s’il faut techniquement voir les problèmes d’illégalité là-dedans  c’est quand même peut être un peu élargir  le problème pour voir aussi ce qui nous arrive à Pézenas et dans le coin depuis maintenant cinquante ans, autrefois on avait accès à un certain nombre de tas d’endroits libres, on avait accès au moulin de Conas pour pouvoir s’y baigner aussi, on avait accès à quatre ou cinq lieux comme ça dans Peyne ou dans l’Hérault pour pouvoir s’y baigner on avait accès à saint Siméon pour les pèlerinages ou c’était des coins, des lieux qui depuis tellement longtemps étaient accessibles par les pauvres gens les gens qui vivaient là toute l’année, maintenant on n’y accède plus – Il cite d’autres aspects qu’il faut considérer comme par exemple dans l’étang à Pézenas ou il y avait une vieille législation l’ASA qui était une possibilité qui était donnée aux habitants de l’estang, aux viticulteurs de gérer eux-mêmes le problème de l’entretien de ce coin et bien là aussi par une manipulation de cet ordre et par un découragement que ces gens-là essayent d’obtenir de la population on assiste à la disparition de l’ASA c’est-à-dire à une perte du pouvoir démocratique et citoyen dans ce pays. Claude Alranq parle ensuite de la détérioration des chemins vicinaux, du non entretien des ruisseaux qui sont là et qui devraient faciliter quand il y a des inondations, du nombre de terrains en jachère alors qu’on manque de terrains pour installer des jeunes dans l’agriculture sur des perspectives d’agriculture biologique, du manque d’emploi, de la cave coopérative qui manque de terrain pour agrandir pour être en compétition par rapport aux potentialités techniques que nous avons.
Il conclut : c’est une affaire bien sûr d’agression archéologique mais au-delà c’est une agression contre l’amour que nous avons pour ce pays et en même temps  une agression contre les pouvoirs démocratiques qui sont dans les traditions républicaines et ça c’est intolérable. 

Paul Ivorra de la SPN : nous nous sommes intéressés à ce problème bien en amont puisque dans nos sentiers de randonnée on a traversé l’Hérault à sec ce qui donnait un petit surplus.


Sylvain Durand archéologue qui étudie les moulins fortifiés : au-delà de l’aspect archéologique ces moulins qu’ils soient fortifiés ou non ont un affect particulier pour nous. Cet endroit qui était magnifique a été saccagé à la fois sur le plan archéologique et aussi environnemental (plan d’eau). Les moulins ne sont pas protégés et il cite le cas du moulin de Plaissan qui bien qu’inscrit a été détruit.

Paul Ivorra cite le cas du moulin de Bessan qui a subi le même sort, un viticulteur a enlevé des pierres de l’étrave et à la première crue il est parti.

Thierry Jam président de l’association des moulins du Languedoc : salue notre initiative et l’information qui circule, suggère d’établir une pétition sur le net et sur papier, ce qui est important au-delà des signatures recueillies, car ça fait circuler l’information - c’est important qu’il y ait un socle populaire ce socle donc parlait monsieur Alranq d’indignation car ces bâtiments sont aussi le reflet d’une construction sociale de l’époque, d’une organisation sociale, d’une pensée de l’époque, d’une ingénierie d’une certaine époque et qui donc constitue toujours aujourd’hui cette idée de la roue de l’énergie qu’on va essayer de construire avec les éléments naturels elle nous préoccupe toujours aujourd’hui avec le Ministère de l’écologie etc.
Il suggère de passer ensuite à un stade supérieur et d’engager peut-être une action en justice qui pourrait être portée par plusieurs personnes et si possible par des responsables politiques ce qui aurait plus de poids.

Jérôme Ivorra : « par rapport à tout ce ce qui a été dit depuis le début je crois qu’on ne peut pas faire autrement que de lier les deux aspects du problème la recherche et la condamnation de la forfaiture qui a été initiée apparemment dans une relation trouble entre le donneur d’ordre et l’entreprise. Je pense que pétitionner et aller au-devant la population pour s’indigner ça ne pourra se faire que si on invite la même population à proposer un projet pour ce moulin.
L’engrillagement ce n’est pas possible – on ne peut pas à la fois condamner la destruction d’un patrimoine archéologique, architectural et d’un autre côté se contenter de se dire on va remonter les murs on va les engrillager et personne ne pourra y aller. Un projet écologique en lien avec la remontée des poissons sur le cours de l’Hérault certes mais en tout cas pareil mais l’écologie et les grillages ça ne va pas ensemble. Donc forcément il nous faudra inviter les gens à réfléchir avec nous sur quel est le lendemain, quelle est la perspective qu’on va donner à cet endroit pour se le réapproprier et pour faire en sorte que de privé qu’il était, parce qu’il était privé, maintenant s’il doit revenir dans le domaine du public qu’on puisse y aller qu’on puisse y pique-niquer qu’on puisse profiter de cet espace et qu’il redevienne un espace collectif et non pas un espèce refermé. Sinon effectivement comme disait Claude loin des yeux loin du cœur notre patrimoine quand on le ferme quand on l’engrillage et quand on l’emmure c’est pour mieux le détruire on le détruit d’abord affectivement et puis ensuite quand il disparait personne pleure parce que plus personne n’y avait  encore connaissance plus personne n’y avait des tripes à l’intérieur » .

Jean Charles Sers : nous remercie de l’autoriser à parler comme tous les citoyens, se présente comme étant le maire de Castelnau de Guers, les élus n’étaient pas invités et précise qu’il est venu à titre de citoyen. Sur la position géographique du moulin tout laisse à penser qu’il est sur le domaine de la commune bien que le cadastre montre qu’il est coupé en deux. Le seuil serait apparemment sur le domaine de Pézenas .Le moulin n’aurait pas dû être touché, il faut creuser tout ça.  Mais je crois que Jérôme a raison c’est surtout d’un projet qu’on a besoin pour le porter parce qu’une fois qu’on aura défini qui a donné l’ordre de détruire le moulin on sera bien avancé. On a besoin d’un projet pour se réapproprier ce lieu. Il faut donner à ces lieux là le sens populaire qu’il avait.
Au sujet de la question de la remise en état des usines arasées :
Cette question a été posée au président de l’agglo par Vincent Gaudy et moi-même de remonter à maxima avec le matériel qui a été stocké sur le site les parties qui ont été détruites et le maire de Pézenas s’est joint à notre demande. Applaudissements nourris dans la salle.


Stéphane Mauné archéologue Directeur de recherche au CNRS : ces atteintes à notre patrimoine rural sont absolument inacceptables, il faut qu’on arrive à tirer du positif de cette histoire. Il faut aussi  penser que c’est aussi pour nous la possibilité à partir de cet épisode catastrophique, la possibilité maintenant de prévenir les élus « vous allez nous trouver sur votre chemin quand vous allez continuer comme ça à faire des atteintes au patrimoine ». On a la chance dans la vallée de l’Hérault, on a beaucoup d’associations donc moi effectivement l’idée d’une pétition citoyenne me plait bien, mais je pense qu’on doit faire une motion pour s’offusquer de cette destruction il faut que cette motion soit signée par les présidents d’associations et il y en a pas mal dans cette salle, il y en a d’autres, les amis de Montagnac, les amis de Pézenas, les amis de Paulhan la société archéologique de Béziers, le GRAA à Agde…
Il faut avoir une action collective, faire l’inventaire de ces moulins et puis voir comment on peut les protéger car ils sont menacés. Il faut partir de ce cas et effectivement médiatiser tout ça, prévenons la presse et puis par les réseaux…

Michel Sabatéry : 1975 un bessanais remarque qu’entre les agrafes qui tiennent les pierres qui sont au-dessus des passage de l’eau et la pierre il y a du plomb, le plomb évitant à l’agrafe en fer de faire éclater la pierre.  Il y va avec un chalumeau pour récupérer le plomb à la petite cueillere. En 1977 une partie du moulin s’écroule, rien n’est fait jusqu’en 1990 le maire en place est favorable au barrage en béton qui a été construit sur la pensière du moulin donc on massacre encore plus le moulin de Bessan. En 1995 changement de maire je propose qu’on conforte la partie existante. On obtient l’autorisation du propriétaire pour un bail emphytéotique et on obtient deux subventions à hauteur de cinquante millions de centimes de francs, c’est pas énorme mais ça permettait de consolider la base du moulin, de ce qu’il en restait. Une association de défense des moulins donne un chèque de 1 million de centimes de francs le jour ou FR 3 vient pour filmer le moulin de Bessan. La municipalité  visiblement m’a laissé travailler mais n’en avais rien à faire du moulin si bien que par la suite les subventions ont été perdues car elles n’ont pas été utilisées. Donc rien n’a été fait sur le moulin de Bessan et il se dégrade de plus en plus.

Philippe Gaffiero président de l’association Forum de Montbazin : se dit stupéfait, trouve que la légèreté de l’administration lui parait incroyable et nous assure que l’association de Montbazin qu’il représente s’associera et nous appuiera dans les démarches que nous entamerons.  

Thierry Jam : salue l’initiative du maire de Castelnau et du maire de Pézenas, ça pourrait aussi déboucher concrètement par une petite subvention conséquente pour l’association du patrimoine pour avoir un pécule pour entreprendre ces actions Dans les propositions c’est d’entrevoir  des chantiers participatifs doublés d’une intervention avec des jeunes compagnons qu’on a sur Pézenas. Ceci pourrait exprimé dans la pétition, la pétition va dénoncer elle va questionner, elle va faire circuler et elle va proposer, mais pas trop long après les gens qui sont touchés iront chercher un peu plus dans la presse, sur un site internet si vous le créez, voilà pour les propositions.

Noël Houlès en conclusion parle du groupe privé sur les réseaux sociaux et de l’intention de créer un blog pour que l’information passe d’avantage, remercie et invite les participants à partager un vin d’honneur ce qui permettra de continuer à échanger de manière conviviale.




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